Sale temps pour
les MEP
Alors que les spécialistes
font leur compte ou leur décompte à la suite de la mise
en place du parcours des soins favorisant l’hésitation
des patients à consulter, alors que les généralistes
hors MEP voient leur activité croître, les médecins
à exercice particulier avouent en moyenne une baisse d’activité
de 20% en nombre d’actes et la modération des chiffres
annoncés par l’union nationale des caisses d’assurance-maladie
les fait sourire ….jaune….
Il faut savoir que parmi les omnipraticiens
dont ils représenteraient 15 à 20% de la population ,
les MEP sont déjà les plus mal lotis en matière
de revenus : Alors que les bénéfices des médecins
généralistes s’établissent pour 2004 à
64 926€ , ceux des médecins acupuncteurs stagnent à
47 986€ et ceux des homéopathes à 47 346€ ,
pour ne parler que de ces deux exercices .
En aggravant leur situation économique
, ce ralentissement de leur activité organisé par le parcours
« ralentisseur » des soins , à l’image des
chicanes installées sur les routes pour ralentir la circulation
automobile , va certainement entraîner de graves problèmes
de maintien des exercices actuels , de recrutement de jeunes praticiens
et de remplacement des médecins en fin d’exercice .
Comment répondre à cette situation ?
Deux propositions peuvent être
faites :
1) Demander aux responsables de l’assurance-maladie de prendre
en considération cette baisse d’activité , l’union
nationale des caisses d’assurance-maladie ayant promis des mesures
correctives pour les disciplines mises en difficulté par le parcours
de soins . Cela pourrait passer par la possibilité d’associer
à la consultation un acte thérapeutique comme le propose
le syndicat national des médecins acupuncteurs .
2) Conseiller aux MEP de réorienter leur activité de soins
en devenant les médecin traitants des patients qui les ont choisis
comme médecins habituels en répondant aux obligations
implicites à ce choix en particulier dans le domaine des soins
de premier recours . Cela passe par une prise en charge globale du patient
qui dépasse souvent le seul exercice particulier choisi par ces
praticiens .
Il faut savoir que dans un monde en crise de vocations d’omnipraticiens
, le choix d’un exercice particulier donne une possibilité
au jeune médecin diplômé d’opter pour la voie
libérale en permettant d’agrémenter son activité
en médecine générale d’une ou plusieurs disciplines
complémentaires et enrichissantes, pour lui comme pour ses patients
. Cela est vrai également pour le maintien d’activité
du médecin déjà installé .
Ainsi toute action permettant le maintien de l’activité
des MEP et son développement ira dans le sens d’une correction
de la baisse du nombre de médecins généralistes
qui devrait s’accentuer dans les années à venir
du fait du départ à la retraite de nombreux praticiens
et du peu d’enthousiasme que montrent les étudiants pour
choisir la spécialisation en médecine générale
.
Docteur Patrick
Aubé
Président du Syndicat National des Médecins Acupuncteurs
de France .