A Chicago ces derniers jours , 35000 oncologues se sont retrouvés lors du 44éme congrès de l’American Society of Clinical Oncology . Comme chaque année , le congrès met en avant une technique de soin complémentaire ayant comme objectif l’amélioration de la qualité de vie des patients . Cette année , c’est l’acupuncture qui a été mise à l’honneur dans le cadre du traitement des douleurs musculaires occasionnées par les suites opératoires des cancers ORL .
Voilà enfin un message réconfortant pour nous praticiens , pour nos patients , pour nos confrères , pour les responsables de santé publique : l’acupuncture au service de tous , y compris dans les domaines les plus complexes de la médecine .
S’il existe un malaise actuel au sein de la profession de médecin acupuncteur , c’est en partie parce que nous n’avons pas clairement défini le parcours aboutissant à l’objectif in fine de notre pratique : le maintien ou l’amélioration de l’état de santé de nos patients .
Ceci passe par les étapes obligées du diagnostic puis des prises en charges thérapeutiques aux mains des professions médicales : médecins , chirurgiens-dentistes , sages-femmes et à celles des professions para-médicales : kinésithérapeutes , infirmières et autres …..
Tous ces professionnels de santé , 300 000 environ en France , ont bénéficié d’une formation à numerus clausus . Leurs études sont longues et difficiles , ce ne sont pas les professionnels eux-mêmes qui en ont décidé ainsi, mais la société qui réclame de ceux-ci la plus grande compétence grâce à une formation de haut niveau .
Nombreux parmi ces professionnels ont déjà pu ou pourront bénéficier d’une formation en acupuncture pour les professions médicales et en techniques dérivées pour les professions para-médicales ( massages , diététique , techniques corporelles… ) . C’est à nos responsables de la formation de les aider à acquérir ce bagage . A ce sujet , la réponse enthousiaste des sages-femmes à nos propositions de formation est un bel exemple à méditer .
Nous voilà aujourd’hui à la croisée des chemins : aider au développement de l’acupuncture en allant en direction de nos partenaires naturels au sein de notre système de soins et en direction de ses décideurs ou favoriser l’émergence d’une acupuncture non-médicale sous l’influence des promoteurs d’une médecine chinoise traditionnelle enseignée et pratiquée par des thérapeutes extérieurs à notre système de soins .
A l’écoute et à la lecture de nombreux avis et opinions actuels , il apparaît que la solution la plus saine que nous devons défendre est celle du soutien de la voie légale de formation et de pratique exclusivement médicales de l’acupuncture . Des aménagements devront être faits pour respecter les spécificités légales de professionnels comme les kinésithérapeutes et les diététiciens . Si nous choisissons cette voie d’une façon claire , il est grand temps de le faire savoir à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur de la profession et de mettre toutes nos forces en commun pour œuvrer dans ce sens .
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